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Planète Urgence, Enquête socio-économique au Parc National de CAMPO MA'AN - Carnet de route de LAURENT PERNELLE 27/11/2006

Planète Urgence est une association loi 1901 qui :

lutte contre la destruction de la Planète
lutte contre les inégalités entre le Nord et le Sud

Agir autrement, agir concrètement :

plutôt que de faire un chèque à une association quelconque, j'ai préféré le terrain et plus particulièrement l'AFRIQUE.

j'ai donc par l'intermédiaire de Planète Urgence participé en juin 2006 à une enquête socio-économique dans le Sud du Cameroun, en pleine forêt équatoriale, à Campo. Le but de cette enquête étant de récolter des villageois du Parc National de Campo le maximum dinformations sur leurs problèmes au quotidien et sur leurs attentes du Parc et de son économie.

Voici maintenant le récit de mon voyage à Campo !


et n'hésitez pas à surfez aussi sur :

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Samedi 3 juin 2006 - Le départ pour cette grande aventure 27/11/2006

Départ CDG 11h – retard de 45 mn. Vol sans problème, déjeuner très convenable, premier film « Les brigades du tigre », puis Stop au bout de 40 mn c'est nul et je décide d'enchaîner sur « firewall ». Nathalie (une volontaire de Planète Urgence avec qui je vais partager cette aventure) persiste avec les tigres, moi, je finis le vol avec « Antartica ».

Nous arrivons à Douala avec nos 45 mn de retard. A peine mis un pied dans le satellite de sortie...Pouffff !!! Il fait 32°mais il semble en faire 45 avec la différence de température liée à la climatisation dans l'avion !! Le contrôle sanitaire, puis la police avant de passer aux tapis de bagages.

C'est un peu le bordel, il y a des petits hommes verts partout. Ils veulent se charger de vos bagages mais nous sommes vigilants, car nous avons été prévenus... ils veulent se faire un peu d'argent. Nos bagages finissent par sortir et nous ne les lâchons pas. Direction la sortie, nous allons essayer de trouver rapidement Michel, notre correspondant Planète Urgence qui doit nous attendre. La sortie est très étroite et une foule s'amasse devant ?!?

Avant même d'y arriver, un agent de l'aéroport nous demande notre reçu de bagage. Nathalie sort le sien et « Laurent » comme d'habitude ne sait pas ce qu'il a fait de ce foutu papier !!

Une fois trouvé et présenté, nous essayons de sortir. En fait le bazar, c'est la douane avec un comptoir de déballage et il semble falloir y passer. Je prends les devants et entraîne Nathalie à resquiller sur le côté en espérant ne pas être contrôlé. Génial, mon idée a fonctionné, nous sommes dehors et nous apercevons tout de suite Michel avec son panneau PLANÈTE URGENCE. Un jeune homme lui emboîte le pas à notre rencontre, et tandis que Michel prend le sac de Nathalie, je laisse le mien en toute confiance à ce jeune homme ...

Erreur !!! Il n'est pas du tout avec Michel, je me suis fait piéger comme un « bleu ». Une fois dans le mini bus il réclame de l'argent, et Michel lui donne 2 ¤ pour qu'il nous lâche. Il fait vraiment très chaud et cela nous change des 15 ° que nous avions à Paris durant tout le mois de mai. Nous entamons notre route vers notre hôtel qui se trouve à environ 15 mn.

Incroyable première impression, les rues semblent être dangereuses sur le plan de la circulation... c'est du « n'importe quoi », ils ne respectent rien et nous avons le sentiment que nous allons aller au contact à chaque instant. Pour ma part, moi qui aie déjà conduit à Tunis et Antalaya, je pensais avoir tout vu, mais là !!! Il n'est même pas question de penser prendre une voiture de location, nous ne ferions pas 100 m sans s'accrocher. Les Stop ne sont pas respectés, et les feux tricolores, ils auraient du les faire monochrome puisqu'ils n'en regardent jamais la couleur.

Nous arrivons à l'hôtel et nous nous installons. Nous oublions la douche car il n'y a pas d'eau. Seul un seau d'eau propre attend notre sueur de la journée.

La toilette finie, nous retrouvons Michel au Bar. Simple, tamisé mais agréable. Après quelques échanges, les échanges, nous en reparlerons plus tard, peuvent durer des heures (c'est ça l'Afrique !!!), nous prenons un taxi pour trouver un bureau de change. 10 mn après nous arrivons, mais pour ne pas être arnaqué, nous restons Nathalie et moi cachés sur le côté de la rue et Michel s'occupe de la transaction.

La pluie commence à tomber un petit peu, et Michel revient avec nos Francs CFA. Il nous dit que nous allons reprendre un taxi, mais il discute avec nous sous la pluie qui devient très forte et nous propose de nous mettre sous un porche à 10 mètres pour ne pas mouiller ses chaussures en cuir ?!? Je ne comprends pas ce que nous attendons alors que des taxis passent devant nous et ... Rien, nous les laissons passer. 10 mn passent et le déluge est là !!! Enfin Michel siffle un taxi et nous montons dedans. Le temps de monter, nous sommes trempés et nous roulons en aveugle, tellement l'eau tombe. Les rues sont déjà inondées et les gerbes d'eau provoquées par le taxi font déjà plus d'un mètre. L'hôtel est en vue et nous prenons une nouvelle douche en sortant du taxi. Nous qui rêvions d'une douche nous sommes servis.

La soirée se passe en douceur, nous dînons, un excellent bar grillé au menu accompagné de bananes plantin.
Apres le dîner, Nathalie et moi prenons un café, ou plutôt un mélange de Nescafé et de chicorée, dans les canapés du bar. Nous continuons à faire connaissance et tentons d'imaginer ce qui nous attend à campo.

Dimanche 4 juin - Route vers Campo 27/11/2006

Ce matin après le petit déjeuner, départ vers l'agence de transport pour prendre le bus à destination de Kribi.

Michel nous laisse après l'achat des billets et nous attendons le départ. Il faut que toutes les places disponibles soient vendues, et pour cela, nous attendons encore 20 mn, autant dire « presque rien ».

Ça y est, la route vers Kribi débute par la traversée de Douala et sa banlieue.
Succession de quartiers très pauvres fournis de petites échoppes qui ressemblent à des petits garages. Nous sommes installés tout au fond du mini bus et la grosse gamelle en émail blanc de ma voisine me sert d'accoudoir.

Sortie de Douala, la route est belle et berce suffisamment Nathalie pour qu'elle s'endorme.

Ce n'est pas très grave, le paysage n'a rien d'exceptionnel et cette grande route souvent rectiligne finit par avoir raison de moi et sans même dormir, mes yeux se ferment quelque peu. Deux heures et demi et nous voilà à Kribi, petite ville touristique balnéaire. 5 mn sous le soleil de plomb et Djogo et Jean-Marc arrive avec leur Nissan blanc. Après les présentations, nous allons faire un tour sur la plage. Lézards (jusqu'à 30 cm environ) et petits crabes de plage se disputent le téritoire. Ensuite, un petit tour de voiture dans Kribi et retour vers la plage pour finir dans un petit restaurant coquet. Nous commandons et cela arrive 30 mn après (c'est plutôt rapide nous dit Jean-Marc). Au menu, Encore du Bar, préparation basquaise, très fin.

Après ce déjeuner copieux, nous prenons la piste vers Campo. 75 KM, environ 2H30. Nous faisons une halte aux chutes d'eau de la Lobé. La pluie commence à tomber de pus en plus fort, ce qui nous oblige à faire un nouvel arrêt pour bâcher l'arrière du Pick-up, afin de protéger nos bagages.

Nous arrivons enfin à Campo et commençons par un passage obligatoire : les présentations aux autorités locales. Cela nous met tout de suite dans l'ambiance !

On nous invite à présenter nos passeports, à nous asseoir, et à attendre ! Et oui, j'ai bien dit « attendre ». On ne sait pas bien quoi, mais l'officier supérieur nous tient agréablement la « jactance », tandis qu'un sous-officier s'échappe 10 mn avec nos papiers. Je ne saurai jamais ce qu'il a pu en faire, étant donné qu'il n'y a à disposition qu'une machine à écrire datant des années 80, sans rouleau encreur...

Après, donc, le poste de police, direction le poste militaire. Je n'irai pas plus loin dans la description, ce fut du pareil au même. Ces haltes de courtoisie terminées, le pick-up stoppe près de notre auberge nommée « le Saint Tropez ». Alphonse, un jeune homme de 20 ans à peine, nous est présenté comme étant notre « interlocuteur logistique » pour toute demande ou problème concernant notre séjour à l'auberge. Nos chambres respectives semblent être propres, repeintes récemment en bleu azur, avec un petit recoin « douche-toilettes ». Nous faisons alors une vraie pause avec douche, et oui il y a de l'eau pour notre arrivée. Ce ne sera pas le cas tous les jours, la plupart du temps, la douche se résumera à deux bouteilles d'eau avec un bouchon percé pour limiter le débit. Ensuite repos et déballage jusqu'au soir.

19h15, Jean-Marc nous emmène retrouver Djogo dans un petit resto à 10 m à pied (dans le noir intégral, il n'y a pas d'éclairage public, vous vous en doutiezJ).

Avant de dîner, je découvre ma première Castel ! Une bière légère brassée au Cameroun. Un seul format, 65 cl ! On n'est pas loin des 3 demis, et refuser la deuxième est presque impossible, surtout le premier soir !!! Soudain, une petite bassine circule autour de la table et tout le monde s'y trempe les mains pour ensuite les essuyer sur un petit torchon ??? Nous faisons comme tout le monde et à l'arrivée du plat, un gros maquereau grillé excellent accompagné de bâtons de manioc (pas excellent du tout par contre ce truc là), nous comprenons rapidement que nous avons donc les mains propres pour manger...sans couvert bien sur !
Il n'est que 21h à la fin du repas et Djogo nous propose de l'accompagner dans une fête privée (une 1ere communion) chez le propriétaire d'un autre bar, à Campo Beach à environ 7 km de là.

Nous arrivons sur place, nous sommes chaleureusement accueillis par la famille et attendons une heure que la fête soit déclarée ouverte par nos hôtes.
Nous remangeons une 2ème fois avec bière, vin rouge et ensuite piste de danse obligatoire. Nous faisons la fête jusqu'à minuit dans une ambiance de folie.


LAURENT PERNELLE

Lundi 5 juin - Prise de contact et visite guidée 27/11/2006

Notre premier petit déjeuner à Campo. Nescafé, pain sec et deux ½ufs en omelette avec des oignons.

Djogo, le conservateur nous a prévu une présentation du parc national dans son bureau situé dans les locaux du WWF, à la sortie du village.

Présentation historique du site, avec les problématiques de découpage d'exploitation pour les compagnies forestières ainsi que les problèmes du village (pistes d'accès souvent coupées par les pluies torrentielles que personne ne veut remettre en service). Ensuite, nous partons en 4X4 pour une ballade découverte de l'arrondissement de Campo (visite de la scierie, du port...), le tout sous une pluie battante et chaude.

L'après midi se résume à une réunion avec l'équipe complète de la conservation afin de mettre en place un plan d'action, avec constitution des équipes de travail, pour la réalisation de l'enquête dans les villages.

Après cela, Nathalie est sollicitée par un chargé d'étude du WWF pour de l'aide sur un logiciel de statistique, tandis que moi, je propose à Jean-Marc, un tour du monde en photo sur PC avec un CD que j'avais pris la peine de graver avant de venir.

Mardi 6 juin - Première journée de Terrain 27/11/2006

Rendez vous à 9h pour le petit déjeuner, puis nous préparons notre première journée sur le terrain. Nous partons à 10h avec Jean-Marc et Kosso (un garde chasse) pour Bendji, un petit village juste avant Ebodjé. Nous rendons visite au chef du village qui nous explique avec sa Bonne foi qu 'il pensait que nous viendrions le 7... donc les villageois ne sont pas là et l'enquête n'est pas possible.

Nous allons donc sur Ebodjé et là, nous sommes obligés d'attendre que la cérémonie de remise des diplômes aux élèves de l'école soit terminée, car c'est le dernier jour avant 3 mois de congés, pour rencontrer le chef de village.

Après 30 mn il arrive. Entre temps nous sommes allés sur la magnifique plage d'Ebodjé prendre la fraîcheur du vent qui souffle. Il fait très beau et très chaud, pas un nuage et là ... Jean-Marc me dit « laurent, ici il y a du réseau téléphonique et tu peux donc appeler les tiens » Je n'y crois pas, personne à l'autre bout de la ligne, et je ne peux laisser qu un message... je suis dégoûté !

Nous démarrons enfin l'enquête, il est midi trente. Nous nous répartissons les maisons à visiter pour mener l'enquête durant 2h et demi. Il fait une chaleur insoutenable et nous transpirons à très grosses goutte. De plus, les 2/3 des interviews se font avec un traducteur et ce n'est pas aisé. Pour cette première journée terrain nous récoltons 18 questionnaires. D'après Jean-Marc, pour un début ce n'est pas mal.

Au moment de quitter Ebodjé on croise le chef du village que nous saluons et il nous présente un sénégalais pêcheur qui vient de débarquer sur la plage pour vendre sa pêche, des requins ! Nous passons donc à la plage et prenons quelques photos avec leurs trophées d'environ 1M50.

Après cela, nous partons, et à mi chemin du retour on s'arrête sans comprendre pourquoi, Jean-Marc nous demande de descendre et nous présente une amie pauline qui nous attendait simplement car elle nous avait préparé un petit repas de poisson fumé avec des tubercules. Nous mangeons donc à 16H dans une petite maison de brique de terre.

Nous repartons et arrivés à campo on s'arrête chez Ernestine qui nous prend les mesures pour nous faire un vêtement traditionnel camerounais. On nous laisse pas trop le choix, mais ce n'est pas grave l'ensemble nous coûte 12000 FCFA (environ 18¤) et nous faisons d'Ernestine une heureuse.

Retour à la chambre, douche et ensuite, saisie des données dans ma chambre jusqu'à 20h, nous allons déjeuner. Puis discussions autour d'une « Castel » et dodo.

Mercredi 7 juin - le parrainage 27/11/2006

Départ 10H30 de Campo, direction Ebodjé pour une journée complète d'enquête
Nous débutons par le petit village de Mbendji juste avant Ebodjé car la population a été prévenue et sollicitée par le chef du village. D'ailleurs ils ont été réunis dans une maison afin que cela soit plus rapide et efficace et afin de leur laisser toute disponibilité pour leurs activités.

L'accueil est cordial mais rien de chaleureux dans un premier temps pour devenir plus détendu ensuite. Nous poursuivons sur Ebodjé et retrouvons Alain et Olivier nos interprètes IYASA (nom de l'ethnie). Nous débutons nos interviews de part et d'autre du long village d'Ebodjé.
Les questionnaires se succèdent toute la journée durant, nous ne faisons aucune pose jusqu'à 17H, heure de notre départ d'Ebodjé. Nous sommes fatigués mais notre collecte a été très bonne puisque nous rentrons avec 55 questionnaires complétés. Pour ma part, j'ai rencontré ce jour toutes sortes de personnalités différentes. Un notable politique très cultivé, ayant une vision réaliste des problèmes du Cameroun, un fils du village qui travaille à Kribi comme maître d'hôtel mais qui s'est imposé dans notre enquête et qui parfois était tellement échauffé par la bière qu'il en était agressif, des femmes ménagères au foyer, des jeunes qui tentent de s'impliquer dans l'écotourisme du village au travers de la protection des tortues marines...

D'ailleurs à cette occasion j'en profite pour devenir le parrain d'une tortue au nom de Roseau. Ce parrainage me coûte 13000 FCFA (environ 20¤) et je recevrai à Paris mon certificat de parrainage. Cette somme est destinée aux pécheurs qui prennent des tortues dans leur filet. L'association leur reverse 10000FCFA s'ils ramènent la tortue aux soins pour ensuite la remettre à l'eau. Cela évite le massacre pour export illicite des carapaces.

Nous repartons à la fin de cette journée accompagnés de Christophe (professeur depuis 3 ans dans l'ouest du Cameroun) et son ami Julien (en congés) vers Campo. Ils dormiront à l'auberge « Saint-Tropez » et partirons le lendemain dans le parc de National pour un périple que nous vivrons ensemble puisque c'est aussi notre programme. Dodo de bonne heure puisque nous partons à 7h le lendemain.

Jeudi 8 juin - les chutes de Mem'vélé 28/11/2006

Départ à 7H30, les motos nous attendent. Il y a Fidèle (garde chasse), mon pilote, Pierre (Garde chasse) pilote de Nathalie, et 2 motos taxi pour Christophe et julien. Nous partons et à quelques centaines de mètres nous empruntons déjà un petit sentier quelque peu boisé, avec déjà une petite marre de boue à franchir. Aucun problème pour nos pilotes avertis qui s'en débarrassent aisément. 3 Km plus loin nous retrouvons la large piste tracée par les compagnies forestières et ce, pour presque 40KM.

Sans faire une seule pose, excepté un arrêt forcé pour louer une machette à un villageois, nous arrivons enfin à l'entrée du parc. Nous, les 4 éco touriste du jour, commençons à nous plaindre de l'inconfort des selles des petites motos. Leurs cylindrées ne dépassent pas 125 CM² et les selles doubles places sont de petites tailles. Pour le peu que l'on soit passager d'un costaud (comme moi avec Fidèle), je vous laisse imaginer 45 Km sur 20 cm de selle...

Mais là, même si nous comprenons que les choses sérieuses commencent, nous ne savons pas réellement à quoi nous attendre... Encore 45 Km nous séparent des magnifiques chutes de « Mem'vélé», mais finie, la ballade sur les piste larges de 6m. Nous attaquons la vraie aventure !!!

Des côtes de 500m impossibles à monter à 2 sur la moto. Je ne fais pas un dessin, les pilotes dessus et nous à pied sous une chaleur humide accablante, et pourtant il n'est que 9H30. D'autre part, l'étau de la végétation se resserre de plus en plus, aussi bien en largeur qu'en hauteur et nous commençons à prendre des branchages dans les jambes, accrochant, voire déchirant nos vêtements (je parle plus précisément du pantalon de Nathalie), puis dans le visage, par les arbres et ronciers plongeant (là je parle pour moi qui suis rentré avec une balafre de 5 cm en plein milieu du front.

Très régulièrement d'ailleurs, nous nous arrêtons et Fidèle qui ouvre la route, joue de la machette pour dégager la végétation qui nous empêche de progresser. De temps en temps, Fidèle considère que nous pouvons passer (et d'ailleurs, ça passe) mais l'ébranlement des feuillages nous fait récolter toutes sortes d'insectes dans les cheveux et sur les épaules – Ah oui, j'oubliais, nous n'avons aucune protection, personne n'a de casque ici –. Pour ma part, à chaque passage de ce genre, je me frotte violemment la tête, puis les épaules et ensuite je chasse les bestioles tombées sur Fidèle qui ne peut lâcher son guidon... C'est l'horreur !

Certains pourront penser que j'exagère un peu, mais lorsqu'on voit la taille des fourmis en forêt, ça calme tout de suite, et lorsque qu'elle vous plante ses mandibules en pleine chaire, vous le sentez passer. Parfois il faut descendre de la moto car la route est barrée par un trou béant lié à un affaissement de terre détrempée par les pluies torrentielles.

Nous espérons tous, malgré tous ces désagréments, croiser la route d'éléphants ou même de buffles, mais nous n'en voyons que des traces et empreintes sans oublier leurs frais excréments (ce qui nous laisse à penser que nous les avons ratés de peu).

Nous avons tout de même la chance de voir quelques petits singes s'accrochant avec vivacité dans les arbres et quelques perdrix sauvages qui s'envolent devant notre passage.

Une fois le parc traversé et les 40 km de brousse avalés, nous laissons les motos et nous attaquons sans même faire une pose la marche qui nous emmène vers les chutes d'eau. Après à peine 1km, un guide du secteur nous attend, au bord d'une rivière large d'environ 80 mètres. Nous comprenons rapidement que c'est pour une traversée, mais lorsque nous voyons l'embarcation, une pirogue large de 80 cm pleine d'eau que le guide prend la peine de vider en écopant à l'aide d'une grosse bouteille vide coupé en 2, nous émettons des doutes quant à la possibilité de traverser cette rivière sans se mouiller. Sans le savoir, et plutôt pour nous préserver d'une éventuelle averse, j'avais chargé mon sac a dos de sacs étanches et très rapidement je propose à tous, de mettre les papiers et appareils photos à l'abri dans ces sacs.

Le premier quatuor prend le chemin de la traversée et tout ce passe à merveille même si les visages sont crispés à l'idée éventuelle de tomber à l'eau. Le 2ème passage se passe très bien aussi.

De l'autre cote nous attaquons un vrai chemin de Brousse à pied, qui oblige parfois notre guide à jouer de la machette pour passer ; c'est vous dire la densité de la végétation. Une autre difficulté nous attend, la traversé d'une marre stagnante sur un tronc d'arbre couché en travers. Là encore, certains d'entre nous n'en mènent pas large, mais nous n'avons pas d'autre choix. Une fois encore tout se passe bien. Apres 30 bonnes minutes de marche, le spectacle grandiose s'ouvre à nous, et là, pour ma part, je prends conscience que tout ce que nous avons enduré depuis presque 5 heures, n'est rien à coté de cette beauté de la nature qui coulent devant nos yeux ébahis !!!

Nous nous jetons sur nos appareils photos et caméras et continuons ensuite le sentier pour voir 4 autres chutes, toutes plus belles les unes que les autres.
Au pied de la dernière nous faisons une pose pic nique d'environ une demi-heure, pas plus car la route du retour est très longue, même si le débroussaillage n'est plus à faire.

Nous mettons environ 4 heures pour le retour en évitant de justesse la pluie et nous rentrons très fatigués, plein de griffures et courbatures sans oublier l'état de notre derrière qui ne souhaite plus croiser la selle d'une moto avant bien longtemps !!

Juste une photo de la jungle 28/11/2006

La Brousse équatoriale !!

Vendredi 9 juin, début de la coupe du monde de football 28/11/2006

Le passage du gouverneur, puis de l'évêque dans la région perturbe aisément notre planning et durant les 3 jours qui suivent nous sommes contraints de faire avec ces aléas et nous allons en profiter pour commencer notre saisie des données au cercle militaire chez Sidonie, puis débuter la rédaction de notre rapport. Vendredi et samedi, nous travaillons donc à campo sur notre pc portable environ 6 heures par jour.

Dimanche arrive et notre projet de retourner à Ebodjé pour continuer l'enquête est de nouveau avorté. En effet, l'évêque a pris du retard et doit repasser à Ebodjé. Tout le monde l'attend et personne n'est donc disposé à nous répondre. Ras le bol d'être « campé à Campo », je propose donc à Nathalie et Jean-Marc d'aller tout de même a Ebodjé, mais pour profiter des belles plages et ainsi se baigner sans oublier le coup de téléphone tant attendu car a Campo...silence radio, le réseau ne passe pas.

Nous rentrerons de cette ballade, heureux d'avoir pu appeler et heureux de notre bain dans l'atlantique à environ 27°. Nous avons emmené (presque de force) Alphonse qui s'en est donné finalement a c½ur joie dans l'eau. Alphonse s'occupe de beaucoup de chose à l'auberge, il est le jeune homme à tout faire, il est toujours là pour aider et rendre service, et ce même Alphonse qui a presque 20 ans, n'est encore jamais allé se baigner à Ebodjé qui ne se trouve qu'a 20 km de campo.

Sur la plage nous prenons quelques photos et un, puis deux puis trois puis une troupe complète de jeunes enfants du village nous accaparent pour prendre des photos avec eux. Nathalie s'en charge, comme d'hab, toujours très volontaire pour faire plaisir, et voyant le succès qu'elle a avec ses photos que les enfants peuvent immédiatement visionner grâce à son appareil photos numérique, je lui emboîte le pas en leur proposant de les filmer.
Là, c'est presque l'émeute générale et pour conditionner tout ce petit monde, je leur propose de nous chanter une chanson. Ils sont ravis de cette idée et démarrent tous en c½ur...une « Marseillaise » sans écorcher la moindre parole... je prends conscience à ce moment que moi-même, je n'en connais pas le contenu intégral.

Une fois filmé, je ne peux éviter une puis deux retransmission du petit film. Ils sont aux anges tous ces gosses adorables. Autant de joie naturelle dans ces petits bouts de choux si pauvres, voire même orphelins pour certains – les accidents de pêche et les maladies n'épargnent personnes dans ces villages éloignés de tout.
Notre bain fini, nous repassons devant la maison d'Alain, un des interprètes, et là, impossible de refuser le modeste repas qu'il est enchanté de nous offrir. Nous passons à table ou nous attend un bon riz a la tomate, cuisson al dente.

Nous le remercions généreusement avant de repartir, il est fier et heureux que nous ayons accepté son hospitalité. Nous reprenons ensuite la route vers Campo pour passer une soirée tranquille, ou presque puisque la coupe du monde a débutée et tous les matchs sans exception sont une raison de se réunir, commenter à verbe haut chaque action, et bien sur boire de la bière.

Lundi 12 juin, deuxième semaine 28/11/2006

Les changements d'organisation et de planification, sont enfin terminés, puisque le gouverneur est bien rentré chez lui et que l'évêque doit quitter Ebodjé en fin de matinée aujourd'hui (enfin c'est que nous croyons)...Jean marc, souhaite profiter de la matinée pour que nous passions au bureau de la conservation afin de re-planifier notre travail et faire un premier petit débriefing au sujet des questions que nous aurions peut être à poser à l'ensemble de l'équipe.

Après notre copieux petit déjeuner – ce matin, en plus du café, du pain et de l'omelette quotidienne de Sidonie, j'ai trouvé un petit garçon qui vendait des beignets au sucre, je me suis jeter dessus et lui en ai pris une dizaine – nous partons donc au bureau de la conservation en voiture. Notre petite réunion dure tout au plus 30 mn et ensuite...rien, comme souvent ici. Il est d'usage de prendre, ou perdre son temps ici, lorsque nous, Européens tentons de mettre à profit chaque minute de notre vie.

Après 10 mn, Nathalie file à pied au cercle. Pour ma part, il fait tellement chaud que je décide de rester un peu à l'ombre et d'attendre que Jean Marc me ramène en pick-up. Après 45 mn d'attente (il s'est vu embarqué dans une réunion avec les gens du WWF), je craque et décide à mon tour de prendre la piste du retour à pied. Cela ne représente que 20 mn, mais il fait maintenant une chaleur insoutenable, qui d'ailleurs me causera un « petit coup de chaud » malgré mon chapeau sur la tête.
Entre temps, une coupure générale d'électricité touche toute la ville de Campo et tout de suite je comprends qu'en plus du manque d'air généré par les incontournables ventilateurs, nous n'aurons plus d'eau (les pompes sont électriques tout de même) jusqu'à réparation. Et là, certains bruits courent déjà que cela peut durer plusieurs jours.

Nous ne mangerons pas, d'ailleurs ce midi là, avant notre départ pour Ebodjé, car il est impossible de préparer quoi que se soit, paraît-il. Nous partons enfin pour travailler, et à notre arrivée à Ebodjé, nous croisons immédiatement Olivier (notre deuxième interprète) qui nous annonce...Devinez quoi ? L'évêque a pris du retard et nous ne pourrons donc pas travailler encore aujourd'hui !!! Cela devient pénible, mais lorsque quelque chose dérange ici, il n'est pas d'usage de le dire, mais plutôt d'être fataliste et dire « Ok, nous reviendrons demain ».

C'est parfois très déstabilisant, mais il faut s'y faire, c'est comme cela que ça fonctionne.

Nous faisons tout de même une petite pose sur notre plage préférée, vous savez, celle ou nous pouvons communiquer par texto ou téléphoner. C'est toujours cela de pris. Pour ma part j'en profite pour envoyer des textos à mes proches et mes amis, car le téléphone est hors de prix, et je pense que j'en ai déjà bien usé (c'est SFR qui va être content).

Nous repartons ensuite et faisons un arrêt sur la route à Mbendji dans un petit bar extérieur très sympa ou François y prend un verre. François est un ami de Campo. Décidément, je ne me suis jamais fait autant d'amis en si peu de temps. Comme nous n'avons pas déjeuné, Jean marc achète du pain brioché et du Nutela (Enfin, ça ressemble à du NutelaJ).

Le coup de chaleur m'a quelque peu dérangé les intestins, mais je ne sais résister au chocolat, qui plus est, est une denrée rare ici. Après cette petite pose, il nous reste environ 15 KM à parcourir et là encore nous faisons un petit coucou sur la route à Pauline (une amie de Jean-Marc) qui nous avait déjà précédemment gentiment accueillis pour un déjeuner. Il doit être alors 16H30 et là encore elle insiste pour que nous mangions un petit truc chez elle. Là, c'est trop pour moi, je refuse l'invitation. Mais Nathalie, Jean-Marc et Kosso accepte.

Nous finirons par rentrer vers les 17H15, et là, pas d'eau pour se rafraîchir !
Je récupère 2 bouteilles vides et vais les remplir avec l'eau de la rivière récupérée par Alphonse afin de prendre une petite douche tout de même. Après cela, sonné par mon coup de chaud, je me couche et m'endors 2 heures durant.
Le soir arrivant, nous dînons à la bougie et finissons tout de même la soirée devant le foot car pour la télé, il y a un petit groupe électrogène !?!